Jean-Eugène Robert-Houdin

Jean-Eugène Robert-Houdin

Le père de la prestidigitation moderne

Jean-Eugène Robert-Houdin
Jean-Eugène Robert-Houdin

Difficile de faire l’impasse sur cette immense figure du monde de la magie. Jean-Eugène Robert-Houdin est à ce titre considéré comme le père de la prestidigitation moderne. A tel point que sa ville natale, Blois, accueille la maison de la magie depuis 1998. Un lieu incontournable pour tous les amateurs d’illusionnisme !

L’homme est donc né à Blois le 7 décembre 1805. Il est mort à Saint-Gervais-la-Forêt le 13 juin 1871.

Le jeune garçon grandit dans la maison familiale au 4, rue Porte-Chartraine (maison qui deviendra en 1848 la première boutique de chocolaterie d’Auguste Poulain).

A l’âge adulte, il devient adulte. Il faut dire qu’il a été à bonne école : son père Prosper Robert, était horloger très estimé.

Mais au départ le paternel ne le destinait pas à suivre ses pas, bien qu’il se soucia de l’avenir de son fils en lui faisant suivre des études de lettres en internat au collège d’Orléans de 1816 à 1823.

Une fois son internat terminé, le jeune est engagé comme clerc de notaire chez maître Roger près de Blois. Un emploie qui ne convient guère. Il démissionne et entre en apprentissage d’horloger chez un cousin à Blois, en septembre 1825.

Jean-Eugène Robert-Houdin horloger

Sa voie est toute trouvée, il exerce enfin un métier qui le passionne. Jean-Eugène Robert-Houdin devient ouvrier horloger en 1828 et débute son tour de France en travaillant chez l’horloger Noriet, à Tours. C’est au cours de cette période qu’il rencontre Torrini, un mystérieux saltimbanque qui lui aurait sauvé la vie et appris l’art de l’escamotage. La véracité historique de ces détails reste toutefois à démontrer. Font-ils partie de la légende ? Nul ne le saura sans doute jamais !

Jean-Eugène Robert-Houdin tombe alors malade. Il s’installe à Paris et devient commissionnaire en horlogerie chez son futur beau-père, Jacques Houdin, horloger blésois vivant dans la capitale.  Son avenir professionnel assurée, il se marie le 8 juillet 1830 avec Cécile Églantine Houdin.

Durant cette période, loin de se cantonner à son expertise dans le domaine de l’horlogerie, Jean-Eugène Robert-Houdin s’intéresse à d’autres disciplines comme l’électricité et la construction d’automates. Bricoleur dans l’âme, il dépose un brevet en 1837, un « réveil briquet« . Son inventivité est débordante. Il crée notamment des pendules mystérieuses dont le mécanisme est invisible, et ses propres automates.  Son inventivité n’échappe pas à La Maison Destouche qui l’engage.

La réputation Jean-Eugène Robert-Houdin s’étend au  tout-Paris. A tel point qu’il présente une de ses créations, l’« écrivain dessinateur », lors l’Exposition nationale de 1844. C’est un immense succès critique et public. Alphonse Giroux lui confie alors la création d’automates.

C’est alors que Jean-Eugène Robert-Houdin découvre l’univers de la magie dans le recueil d’un bonimenteur dénonçant le charlatanisme, le docteur Carlosbach.

Le père de la magie moderne

Il se prend de passion pour l’univers de la magie et dépoussière considérablement cet art. Il faut dire qu’avant lui magiciens officiaient dans la rue dans les tenues extravagantes, utilisant des accessoires encombrants.
Jean-Eugène Robert-Houdin rend ringard ses ancêtres en portant des costumes soignés. L’ensemble reste dans la même tonalité, un sens du détail très poussé, un raffinement de tous les instants. Il donne ses lettres de noblesse à la magie en présentant ses créations dans des théâtres.

Le Théâtre des soirées fantastiques

Son ami le comte de L’Escalopier, sous le charme, l’aida à créer le Théâtre des soirées fantastiques, un théâtre de magie à Paris. La première représentation à lieu le 3 juillet 1845. Les « Soirées fantastiques de Robert-Houdin » se déroulent au 11 rue de Valois, au Palais-Royal.

Ses illusions sont extrêmement travaillées et s’appuient sur un discours scientifique. Il marque les esprits en faisant voler son fils ou en faisant apparaître des oranges sur un arbre. Une révolution semblable à celle de ‘l’invention du cinématographe par les frères Lumière en 1895.

Jean-Eugène Robert-Houdin acquiert aussi une grande notoriété en combattant les usurpateurs et aitres charlatans. En ce sens, un épisode est rentré dans l’histoire : en 1956, le gouvernement français l’envoya ainsi en Algérie, afin de mettre fin à l’influence des marabouts, fomenteurs de révoltes contre l’occupant français. Le gouvernement français le gratifia d’une récompense en remerciement de ses efforts patriotiques.

Son fils, le capitaine Eugène Robert-Houdin, meurt sur le front de la bataille de Reischoffen le 10 aout 1870 à la pendant la guerre de 1870. Très affecté de voir son fils mourir avant lui, Jean-Eugene Robert-Houdin décède l’année suivant Saint-Gervais-la-Forêt le 13 juin 1871. La tombe de l’illusionniste se situe au cimetière de Blois.

Publications de Jean-Eugène Robert-Houdin

Confidences d’un prestidigitateur, une vie d’artiste, 2 volumes, 1858
Les Tricheries des Grecs dévoilées ; l’art de gagner à tous les jeux, 1861
Le Prieuré, organisations mystérieuses pour le confort et l’agrément d’une demeure (1867)
Note sur de nouveaux instruments propres à l’observation des divers organes de l’œil ainsi qu’à la manifestation des images entoptiques (1867)
Confidences et révélations, 1868. Réédition : Slatkine, Genève, 1980
Comment on devient sorcier : les secrets de la prestidigitation et de la magie, 1871
Magie et physique amusante, 1877