Magicien mentaliste à Paris : le détournement d’attention

Magicien mentaliste à Paris : le détournement d'attention
Magicien mentaliste à Paris : le détournement d'attention
Magicien mentaliste à Paris : le détournement d’attention

Comme nous l’avons vu dans nos autres articles consacrés aux failles de la vision et aux neurones miroirs, il ne faut pas se fier à notre corps, et particulièrement notre cerveau. Car notre cortex analyse mal les images !

Non content de jouer avec ces failles, les illusionnistes renforcent ces manquements par une autre arme redoutable : le détournement d’attention.

La notion de détournement d’attention est à la base même de la magie ! Rappelons-en la mécanique, très simple : il s’agit de vous faire regarder à un endroit précis pour justement qu’à cet instant-là, vous ne regardiez pas ailleurs. C’est dans cet interstice, cet angle mort de la vision du spectateur, que tout se joue et que le prestidigitateur, celui qui est habile de ses doigts, « manipule ». Le magicien s’appuie sur les processus cognitifs du spectateur qui associe paresseusement certains effets à certaines causes et détourne ces processus à son avantage.

Néanmoins, il ne suffit pas de faire focaliser le spectateur sur quelque chose pour que cela se produise. Tout l’art de l’illusionnisme repose sur une véritable chorégraphie millimétrée, destinée à renforcer l’effet et le détournement. La moindre des paroles et des gestes sont calcules à la seconde et au millimètre près. Comme toutes les autres discipline artistiques, elles demandent des heures de répétition ! A y regarder de plus près, il existe
centaines de détails auxquels il faudrait faire attention pour comprendre la mécanique des spectacles et des tours de magie close-up. Or, c’est humainement impossible !

Un être humain n’est tout simplement pas capable de poser son regard sur plusieurs endroits à la fois. Ou, en tout cas, il ne pourra pas avoir la même acuité visuelle sur ces différents points. C’est dans ce champ d’action très réduit qu’intervient l’illusionniste.

Cette ruse est aussi ancienne que l’histoire de la prestidigitation. Depuis des siècles, les illusionnistes ont trouvé leurs propres techniques pour détourner l’attention des spectateurs. En fonction de leur personnalité. Il existe les magiciens extravertis, qui jouent sur leur bagout. Leur logorrhée verbale est un sérieux atout.

D’autres embrouillent l’assistance grâce à des gestes rapides et imperceptibles pour l’œil.

Fenêtre attentionnelle

Les spécialistes de la neuromagie, Stephen Macknik et Susana Martinez-Conde, ont établi que tout se passe dans le cerveau. Comme nous l’avons vu dans notre article consacré au cerveau 90 % des images qui parviennent à notre conscience sont construites par notre cortex. Les informations perçues par nos yeux sont tellement nombreuses que notre cortex visuel a appris à faire le tri. Ce travail de filtrage crée des biais cognitifs, des décalages entre la réalité et ce que nous en percevons. Il existe une « fenêtre attentionnelle« , une zone sur laquelle nous concentrons notre vision au détriment du reste. L’attention est exclusive du fait qu’on ne peut réellement porter son attention que sur un objet à la fois. L’être humain peut effectuer deux choses simultanées si l’une ne requiert pas d’attention). Ainsi, un objet sur lequel on porte notre attention sera mieux mémorisé. On estime généralement que les processus attentionnels interviennent entre la mémoire sensorielle et la mémoire à court terme.

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